A l’ambassade de Suisse, Monsieur l’Ambassadeur accueillait le Professeur Courtine qui venait présenter son aventure, car s’en est une, dans la recherche associée aux neurosciences, le 30 mai 2013.
Le projet Rewalk a comme objectif de redonner de la mobilité à des personnes qui blessées ont subit des lésions à la moelle épinière entraînant un paralysie des membres ou une tétraplégie.
il faut reconnaître que la démonstration fut brillante. Car loin d’une image d’un professeur à l’allure un peu chenue, blouse blanche, et rat de laboratoire, on a eu droit à une explication dans un langage franco-anglais, enlevé, ponctué d’humour, qui nous a fait vivre la recherche comme une vraie aventure entrepreneuriale. Le tout présenté donc, par Grégoire Courtine, jeune,enthousiaste, professeur associé à l’EPFL qui raconte avec beaucoup d’humilité un parcours à la trajectoire de comète.
La recherche, oui, mais avec des résultats
La longue marche du Professeur Courtine dans sa réflexion s’est appuyée sur son travail, mais aussi sur les rencontres importantes qu’il a faites tout au long de ses études et de son parcours de Doctorant. Devant le problème des membres paralysés, sa recherche est partie d’une volonté de changer le paradigme connu. Les membres bougent car le cerveau leurs envoient des instructions. En cas de lésions sévères, plus aucune instruction n’est envoyée et le patient est paralysé.
Alors y a t’il un moyen d’envoyer à la moelle épinière des informations que le cerveau ne peut plus transmettre ?
Le professeur Grégoire Courtine apporte la réponse. OUI. La vidéo du projet Rewalk explique comment on peut comprendre aujourd’hui que la moelle épinière peut prendre « conscience » de son environnement, même déconnectée du cerveau, et ceci avec l’aide de stimulis électriques et d’un cocktail pharmacologique.
Les tests fait sur les rats se sont avérés concluants. La vidéo en atteste. Les tests fait sur les singes sont en cours (on teste les cocktails pharmaceutiques, afin de détecter une éventuelle toxicité), et les premiers essais fait sur l’homme (avec un dispositif incomplet car sans le cocktail pharmaceutique) permettent à l’humain de pouvoir récupérer une mobilité fonctionnelle après de l’entrainement et bouger ses membres paralysés. Au fur et à mesure du traitement les lésions en partie déchirées se reconstituent.
Bien sûr, il n’est pas question à court terme de redonner une totale indépendance à la personne blessée. Mais celle ci pourrait retrouver une autonomie sans fauteuil dans sa maison et n’utiliser celui-ci uniquement pour sortir. Cela permet de soigner en parallèle d’autres pathologies liées à un mode de vie immobile, et redonner espoir et envie de lutter à la personne handicapée. Ce qui est un facteur très important pour son évolution.
La Suisse. Berceau d’une recherche multiculturelle
Le professeur Grégoire Courtine est à l’EPFL Lausanne. Son parcours l’a amené là après une enfance en Bourgogne (il est français d’origine, et plutôt citoyen du monde aujourd’hui), des études à Marseille, à Milan, un long passage en laboratoire à Los Angeles, puis à Zurich, et enfin un dernier saut de puce à Lausanne.
L’Amérique lui a fait comprendre comment avancer. « Tu as un rève Grégoire ? tu as une réflexion ? mon laboratoire est à toi, teste et avance ! » C’est l’opportunité que lui a donnée le laboratoire UCLA de Los angeles ou il a pu passer plusieurs années.
La Suisse l’a accueillit et lui a fournit des ressources qui n’existent pas ailleurs. Son équipe multiculturelle est composée de 50 personnes aujourd’hui , car ses recherches nécessitent d’investiguer de nombreuses spécialités complémentaires et la recherche transdisciplinaire reste encore compliquée à gérer, même en Suisse.
Vous voulez avoir la preuve que loin des mandarins de médecine au profil hautain et compassé, on peut avoir des professeurs en neuroscience modernes, dynamiques, au cortex agile, polyglottes, véritables manager de projets et capable de fédérer une équipe, alors écoutez Grégoire Courtine lors de son intervention au TED. Ce sont les conférences ou les gens qui vont changer le monde sont invités. Et remettre debout un homme, s’est changer le monde.
Trouver des extra-terrestre aussi certainement. C’était le premier rêve d’enfant de Grégoire Courtine. Mais pour le bien de l’humanité, on peut préférer qu’il se soit concentré sur le projet Rewalk, plutôt que sur une éventuelle rencontre du troisième type. Le projet Rewalk a aussi sa page Facebook.
La présentation était organisée par les Alumni de l’EPFL, et a pu compter sur le chaleureux accueil de Mr Jean-Jacques de Dardel, Ambassadeur de Suisse. Quand on voit la qualité des sujets présentés comme ce soir, on souhaite que ces événements aient lieu plus souvent qu’une fois par an.