La start-up SOPHiA GENETICS basée au Campus Biotech genevois poursuit son développement en effectuant sa plus grosse levée de fonds. Devant le succès de son service SaaS de Data Driven Medecine, utilisant l’intelligence artificielle (IA) la société suisse, qui a bien dépassé son statut de start-up, annonce un nouveau tour de financement de 30 millions de dollars en 2017. Ce nouveau round, voit s’associer les sociétés de capital risque Balderton Capital (dont l’ancien fondateur et CEO de Business Objects Bernard Liautaud est managing partner) et 360 Capital Partners, à des investisseurs déjà présents comme Mike Lynch d’Invoke Capital et Mark Coucke d’Alychlo. Ces deux derniers avaient déjà investi dans la jeune pousse lors des apports fait dans les années précédentes de 15 millions de dollars en 2015 et de 14 millions de dollars en 2014.
Cette nouvelle étape devrait permettre à Sophia Genetics de poursuivre l’expansion de son activité à international. La société prévoit en effet d’utiliser son nouveau capital pour renforcer sa technologie, agrandir son équipe et accélérer l’adoption de tests génomiques cliniques dans les hôpitaux, qu’ils soient équipés ou non d’un laboratoire de séquençage ADN. Cette solution appelée SOPHiA, pour Intelligence Artificielle, est déjà utilisée par 334 hôpitaux dans 53 pays à travers le monde et a contribué au diagnostic de plus de 125’000 patients.
Une mission de démocratisation de la médecine axée sur les données dans le monde entier.
Si l’IA peut ouvrir la boite de pandore du futur, (voir les errements des algorythmes publicitaires de Facebook, et les doutes d’Elon Musk) la technologie de SOPHiA GENETICS analyse et détecte avec précision tous les types de variantes génomiques pour aider les cliniciens à mieux diagnostiquer et traiter leurs patients. Sa technologie innovante et son approche globale ont permis à SOPHiA GENETICS de faire partie des «50 entreprises les plus intelligentes», un classement fait par la MIT Technology Review qui l’ont classée trentième juste devant…. Tesla et devançant largement Salesforce. La solution est utilisée quotidiennement par 334 hôpitaux dans 53 pays et a analysé les données de plus de 125 000 patients à ce jour. MIT Business Review fait chaque année le tour des startups européennes les plus innovantes avec Innovators35EU, sans intégrer les suisses, puisque la Confédération n’en fait pas partie. Mais on voit qu’elle garde un oeil sur ce pays.
Le communiqué de l’entreprise suisse donne le point de vue du CEO et d’un investisseur sur cette société suisse qui a réussi à associer deux technologies en évolution rapide: la médecine génomique et l’intelligence artificielle. «Depuis sa création, notre vision a été de développer des solutions technologiques innovantes pour aider les patients partout où ils vivent. SOPHiA agit comme un véritable révélateur en décomposant les silos d’information dans les soins de santé, ce qui signifie que l’information d’un patient à Londres ou à Paris peut par exemple aider à mieux diagnostiquer et traiter un patient à Lagos ou à Rio. « – Dr Jurgi Camblong, PDG et Co-fondateur de SOPHiA GENETICS.
« Alors que les évolutions récentes de la technologie ont rendu le séquençage de l’ADN plus abordable et disponible pour les masses, la publication d’un diagnostic cliniquement résistant basé sur un large ensemble de données génomiques restait complexe et long à réaliser. Il était très incomplet pour les professionnels de santé. Les cliniciens qui utilisent l’intelligence artificielle de SOPHiA GENETICS disposent maintenant d’une technologie de pointe pour comprendre les informations des échantillons d’ADN et pour définir le bon diagnostic, en particulier pour l’oncologie et les troubles héréditaires. Les cliniciens que nous avons rencontrés ont été unanimes au sujet de la valeur incroyable apportée par SOPHiA dans le cadre de leur travail quotidien. Nous avons été très impressionnés par les réalisations de l’équipe à ce jour et nous sommes très heureux de travailler avec les fondateurs pour faire de SOPHiA GENETICS en tant que leader mondial de la médecine orientée données (DDM). « – Nicolas Autret, partenaire à 360 Capital Partners.
De bonnes nouvelles et une mauvaise
Il y a plein de bonnes nouvelles dans cette annonce. La réussite de ce projet d’abord, démontrant la validité d’une idée reposant sur une technologie disponible en Europe mais utilisable depuis un hôpital situé au dessus ou en dessous de l’équateur, dans un but d’améliorer la santé dans le monde entier. Le fait que des personnes remettent « au pot » dans une vision à long terme, montrant que cette démarche n’est pas juste une démarche opportuniste surfant sur un buzzword (IA). Le fait que cette troisième levée de fond est d’un montant supérieur au deux précédentes, tend à prouver que là aussi, les datas ont été bien analysées et que le diagnostic est favorable. Il faut dire qu’avec plus de 160 salariés, il est difficile de ne pas voir la validation du concept de cette Data Driven Medecine.
La mauvaise vient du fait que ces investisseurs ne sont pas suisses. Rien à voir avec un relent de nationalisme déplacé. Ce sont des fonds anglais, internationaux (basé à Paris) américains, belges, qui ont fourni les moyens de développement à SOPHiA GENETICS. Cela repose la question du développement et du financement des jeunes pousses helvétiques. C’est bien d’avoir des spin-off de L’EPFL mais elles doivent créer de la valeur pour des actionnaires suisses. C’est bien d’avoir des Swissnex tout autour de monde pour être au plus près des tendances émergentes, mais il faudrait rester proche de nos startups grandissantes lorsqu’elles doivent aborder les marchés internationaux. Jurdi Camblong que j’avais eu le plaisir d’interviewer l’année dernière à Viva Technology, était venu à Paris en parler .
SOPHiA GENETICS est une société suisse qui a réussi à associer deux technologies en évolution rapide: la médecine génomique et l’intelligence artificielle.
En savoir plus sur cette levée de fonds
https://youtu.be/YgSxRQsvwHs