Imaginons un peu de science fiction et glissons une petite histoire dans la grande. Le 21 juillet 1969 Neil Amstrong, astronaute à la NASA de son état mettait le premier le pied sur la lune. Un petit pas pour l’homme, mais un bond de géant pour l’humanité. Tous les techniciens de Cap Canaveral et les programmeurs de Houston étaient debout derrière leurs bureaux pour assister à cet événement, sautant de joie, le casque audio de travers sur les oreilles, s’embrassant, s’enlaçant… pour ce moment et cette image.
Au même moment au sous sol de l’EPFL, 3 jeunes ingénieurs d’une entreprise mystérieuse (on ne disait pas encore start-up en ce temps là) dans un local sombre situé au sous-sol de l’université, caché derrière une double porte en bois dont les serrures ne fermaient pas (l’EPFL avait moins d’argent que maintenant et des ressources bien moindres que celles de la NASA) étaient assis, le regard fixé sur l’unique ordinateur qui avait pu être installé dans ce local exigu, simplement éclairé par les lampes frontales qu’ils s’étaient chacun fixées autour du crâne. Ils regardaient avec anxiété les informations qui commençaient à s’afficher, lettre par lettre, chiffre par chiffre dans une couleur blanche sur un écran gris noir. Dès que Neil Amstrong qui avait habilement garé son Appolo dans un cratère non équipé d’horodateur, eut posé le pied, ils virent scintiller le chiffre 1, puis s’afficha : la surface de l’empreinte, le poids de l’astronaute, l’amplitude de sa foulée, le nombre de ses autres pas. Après une micro interruption due à un problème réseau, les 3 inventeurs avaient effectué un branchement sauvage sur l’anneau de Saturne pour récupérer ces données, le défilement des informations repris. Conquérir l’espace n’est pas si facile, demandez le donc à Elon. La connexion rétablie, ils reçurent les infos complémentaires comme; la direction que Neil allait suivre, le temps qu’il allait rester en l’air, pendant que ces amis à Houston n’arrêtaient pas de faire vibrer le sol du Texas à haute fréquence de leurs sauts lourds de burgers et soda, le nombre d’heures estimé s’il lui prenait l’envie de faire le tour de la lune et de revenir à son point de départ et le nombre de ses foulées. Les américains tout à la conception de leur engin volant ne savaient pas que la Suisse avait dallé le sol de la lune avant leur arrivée pour en faire une planète connectée avant la terre, d’une technologie particulière développée par Technis.
Technis, un grand pas pour l’homme et pour la data
Revenons sur terre. Si cette manière de refaire l’histoire est un peu irréelle, la technologie déployée par cette start-up lancée en 2015 au sein de l’EPFL ne l’est pas du tout. Technis a conçu une dalle connectée qui permet de faire des sols intelligents. Les capacités de cette surface sensitive associée à la puissance de l’intelligence artificielle permet de gérer des datas très utiles dans de nombreuses situations qu’elles soient collectives (événementiel, commerce) ou individuelle (santé). L’idée à la base n’est du tout lunaire. Elle a trouvé son inspiration sur un passing shot bien appuyé au tennis (d’ou le nom). L’idée initiale était de concevoir des courts de tennis connectés afin d’utiliser les datas; force, vitesse, trajectoire, pour améliorer son jeu. Bien sûr, impossible de connecter les brins d’herbe de Wimbledon ou la terre battue de Roland-Garros.
La start-up a donc décidé de pivoter et Technis propose désormais ses solutions cloud pour sols intelligents aux marchés de l’événementiel, du facilities management et donc désormais de la Santé.
Technis gère toute la chaine de valeur de la data pour sa solution de sols intelligents.
La startup compte 14 personnes actuellement. Elle a été crée à l’EPFL de Lausanne en 2015. L’entreprise gère toute la chaîne de valeur depuis la fabrication des dalles connectées à l’analyse des données et le machine learning dans le cloud qui permet d’offrir des résultats avec plus de 95% de précisions. Le calcul analyse les données issues d’une trame ayant des axes X et Y, et enregistre des patterns qui correspondent à des situations particulières pour ensuite analyser et délivrer les résultats en temps réels.
La solution permet de gérer des situations de trafic dans des lieux publics culturels ou commerciaux . Vous avez peut être remarqué lors d’une de vos entrées dans un musée, un gardien placé en peu en retrait, derrière ceux qui valident les tickets et qui, un discret compteur manuel dans la main active son pouce de manière répétitive chaque fois qu’une personne passe. Le pauvre est quelque fois obligé d’aller faire une pause pour soulager ce pouce endolori par la répétition du geste. Sans parler du coefficient d’inexactitude. Inversement, quelques dalles connectées par une prise RJ45 et l’information est accessible en temps réel sur l’application Technis installée sur le mobile du responsable de la sécurité.
Cette démarche de sols intelligents s’applique parfaitement à toutes situations de flux de personnes. Et le monde médical est aussi concerné. Imaginer les EHPAD en France (EMS en Suisse) ou un des KPI le plus suivi est celui du rapport entre soignants et patients en faisant tout pour que ce rapport augmente le plus possible (le moins de personnel possible pour le plus de patients, instaurant des conditions humaines qui font polémiques). La solution exploite de manière intelligente la data et donne des indications de ce qui se passe en temps réels et peut ainsi créer des scénarios d’anticipation. Dans un établissement de santé, plusieurs capteurs activés en même temps peuvent signaler une chute et permettre une alerte immédiate vers les personnes en charge du patient. La vitesse de déplacement (comme pour Neil Amstrong ;)) ou encore la trajectoire (augmentation du nombres des trajets menant aux toilettes par exemple) peut inciter le personnel soignant à investiguer sans trop s’immiscer dans l’intimité du patient. On peut imaginer dans le futur, que cette solution trouvera aussi un débouché dans l’hospitalisation à domicile, dans le cadre de la domotique et des bâtiments intelligents.
L’intérêt d’une solution comme celle de Technis au delà de sa pertinence est la simplicité de sa mise en oeuvre. Les dalles peuvent être installées rapidement sans travaux particuliers et s’activent par QRCode. L’intelligence artificielle permet de pousser l’analyse de plus en plus loin et d’intégrer dans son analyse des situations différentes. Une canne, un déambulateur, 2 béquilles, sont toujours associés à une personne. Une poussette n’est pas une personne. Le machine learning permet de détecter ces situations non conventionnelles.
Technis était présent à VivaTech, ou Wiktor Bourée son CEO a croisé le Ministre de l’Economie Bruno Le Maire, le Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé du Numérique Mounir Mahjoubi et … moi ;). Présent sur le pavillon Suisse, la startup a profité de son séjour parisien pour rencontrer de nombreux prospects et potentiels partenaires et gagner un Award, qui vient s’ajouter à la dizaine déjà remportés depuis ses débuts.