C’est Bilan qui nous raconte cette histoire. La startup suisse MindMaze devenue une championne de la réalité virtuelle dans le monde médical se tourne aujourd’hui vers l’univers de l’entertainment. Le monde du jeu sera t’il l’occasion de rendre la rentabilité de la VR plus concrète et moins virtuelle ? En tout cas son conseil disposera d’un administrateur particulièrement qualifié: l’acteur Léonardo DiCaprio. « La presse hollywoodienne vient, en effet, de rendre public l’investissement de l’acteur dans la start-up basée à Lausanne. Un choix qui valide la stratégie de Tej Tadi, le fondateur de MindMaze en 2012. Venu des labos de neurosciences et d’électronique de l’EPFL, c’est lui qui a perçu l’énorme potentiel de la réalité virtuelle dès lors que l’on tient compte des émotions. » source Bilan.
MindMaze est la start-up lausannoise fondée en 2011 au sein de l’EPFL, qui avait levé plus de 100 millions de francs lors d’un tour de financement mené par le groupe Hinduja en 2016. Installée en Suisse et au Etats-Unis son fondateur Tej Tadi était venu à Lausanne au printemps 2017 partager ses principes d’entrepreneur. MindMaze travaille sur des interfaces homme-machine dans le médical et a développé un casque de réalité virtuelle pour aider à la rééducation des victimes d’accident vasculaire cérébral (AVC). Désormais elle attaque de nouveaux marché avec le renfort de poids d’un acteur « bancable »
Leonardo DiCaprio investit dans le futur.
L’acteur que l’on connait aussi pour sa sensibilité à l’écologie, a plutôt suivi une idée business pour rejoindre MindMaze en tant que conseiller et investisseur. « La technologie MindMaze a déjà touché la vie de nombreuses personnes, et elle est prête à définir la façon dont nous allons vivre et créer du contenu dans le futur« , a déclaré DiCaprio. «Je suis enthousiasmé par les possibilités de la technologie MindMaze, surtout pour son potentiel d’être une force motrice dans les médias et le divertissement dans les années à venir. »
MindMaze veut améliorer les interactions entre les émotions créées par le cerveau et les univers virtuels. Comment associer « la technologie neuro-virtuelle et à la réalité virtuelle», selon un communiqué de la société, qui a officiellement dévoilé le partenariat de DiCaprio. «En permettant l’intégration en temps réel des signaux du cerveau avec l’environnement grâce à de multiples technologies, MindMaze met ces innovations sur le marché dans de multiples industries, y compris les soins de santé et maintenant les divertissements et les médias», a t’elle expliqué.
Comment passer de la santé à l’entertainment
Utilisée avec succès dans l’industrie de la santé pour accélérer la réadaptation contre les accidents vasculaires cérébraux et les lésions cérébrales, les technologies de la start-up suisse dans le domaine des neuroscience vont s’appliquer dans de nouveaux domaines d’applications en abordant le monde du contenu et du divertissement. L’industrie de la VR qui n’a pas résolut toutes les équations coté rentabilité, espère voir le marché exploser prochainement même si les besoins en capacités de calculs nécessitent du matériel technique puissant, et pas encore à la portée de chacun. Simplement le nombre d’acteurs ne sera sans doute pas très élevé et la start-up suisse souhaite en faire partie.
La VR un marché émergent, dont la rentabilité reste pour le moment un peu virtuelle
Le monde de la VR recèle un vrai potentiel. Evidemment le monde de la publicité et des médias le considère avec intérêt puisqu’il permet de créer une expérience émotionnelle forte. Durant Viva Technology 2017, les expectatives étaient encore présentes comme le montrait la conférence sur ce sujet ou était présent Frédéric Condolo de MindMaze (lire l’itw) et l’article publié par Les Echos qui posait encore la question de la rentabilité en rapport aux énormes levées de fonds des principaux acteurs de ce secteur dont MindMaze.
La démarche de MindMaze est de faire profiter dorénavant de ces évolutions technologiques qui permette une immersion ultime, les entreprises de divertissement. Les solutions de l’entreprise détectent les impulsions électriques du visage et les analysent avec des algorithmes propriétaires pour créer une signature neurale des expressions d’un individu sans formation ni étalonnage. Ce traitement qui décode les expressions faciales de la vie réelle du visage de l’utilisateur qui porte un casque équipé, ce fait en millisecondes. Ces expressions se trouvent répliquées instantanément sur leur avatar, par exemple. Ces capacités technologiques traitées par algorithmes peuvent s’intégrer facilement dans n’importe quel casque de VR, depuis des casques mobiles comme Daydream et Gear VR à des casques compatibles avec le bureau, comme Vive et RIFT.
De Viva Technology à la construction d’un groupe
Sur le chemin de la constitution de valeur dans l’univers de la VR, MindMaze a révélé une autre annonce en indiquant le rachat d’une de ces consœurs la start-up Gait Up. La route des startups suisses est quelquefois aussi tortueuse que celles qui traversent les Alpes. Présent toutes les 2 à Viva Technology en 2017, les 2 startups, il faut le reconnaître, ne boxent pas dans la même catégorie. L’une Gait Up avait un corner sur le stand de Sanofi, l’autre avait les honneurs d’une grande scène. Mais certains points communs permettent de comprendre leur rencontre. Algorithmes propriétaires, recherche de valeur dans le secteur des émotions humaines, compétence dans le monde de la santé, ouverture vers d’autres secteurs, le sport pour Gait Up , le divertissement pour MindMaze. Aujourd’hui, telle une chaîne de Darwin non disruptée, la grande a avalé la petite.
Gait Up, rencontré également lors de Viva Technology 2016, a développé un développeur d’analyse de mouvements utilisé dans les montres intelligentes et dans d’autres matériel médical. Les capteurs étaient bien plus poussés que ceux des wearables grand public (avec la possibilité de mettre l’algorithme dans le cloud) et pouvaient donc alerter en cas de probabilité de chute pour les personnes âgées, ou encore dans l’univers du sport. « À partir de la recherche que nous avons commencé il y a 15 ans, notre vision a été de changer la façon dont nous mesurons et percevons le mouvement humain », a déclaré Benoit Mariani, PDG et cofondateur de Gait Up dans un communiqué. «L’ajout de notre technologie de suivi des mouvements à la suite des solutions de MindMaze crée de nouvelles possibilités passionnantes pour des industries bien au-delà du secteur de la santé».
De nombreuses startups opèrent sur les même marchés et il peut-être logique de voir une consolidation. Vu les capitaux levés par MindMaze, celle-ci peut encore faire tranquillement ses courses autour du Rolex Learning Center. C’est une sorte de développement entre Suisse, qui ne peut que faire plaisir, lorsque l’on voit de beaux projets comme Poken, se faire racheter par une boite américaine.
L’acquisition vient à un moment où MindMaze a vu des développements intéressants. La société a reçu l’approbation de la FDA aux États-Unis en 2017 afin qu’elle puisse commencer à vendre sa technologie aux organismes de soins de santé de ce pays.
On espère que MindMaze qui avec ces 100 millions levé et sa valorisation en milliard a un statut de Licorne, quasi la seule en Suisse, va appliquer les principes qu’elle est venue présenter lors de la Seed Night 2017, dont celui-ci affiché ci-dessous avec une clarté qui le rend difficilement oubliable. Avec Léonardo à son board, MindMaze ne va pas manquer d’idées pour faire la fête !
Je me souviens d’un autre principe juste évoqué oralement lors de cette Seed Night par le CEO de MindMaze. Marqué d’un esprit efficace bien américain, c’était : « hire slowly, fire quickly »;).